Vous savez que votre entreprise est assujettie et vous voulez savoir dans quoi vous vous engagez. Combien de temps cela prend, qui doit être mobilisé chez vous, ce qui se passe pendant la visite, ce que vous recevez à la fin. Cette page décrit le déroulé réel d’une mission, étape par étape, avec des durées constatées sur le terrain.
Si vous cherchez d’abord à savoir si vous êtes concerné, les seuils et les échéances sont détaillés dans le guide de l’audit énergétique obligatoire des entreprises.
Le calendrier
Le cadrage
Le plan de mesurage
La visite et la campagne de mesures
L’analyse et le bilan des consommations
Le plan d’actions chiffré
La restitution et le dépôt
Entre la signature et la restitution, comptez deux à trois mois pour un site industriel courant. Ce n’est pas le temps de travail de l’auditeur, c’est le temps calendaire, et il est largement commandé par une seule phase : la campagne de mesures, qui doit couvrir des cycles de production représentatifs.
| Phase | Durée indicative | Ce qui commande la durée |
|---|---|---|
| Cadrage | 1 à 2 semaines | La récupération des données (pas seulement les factures) et la définition du périmètre |
| Plan de mesurage | quelques jours | La complexité de l’installation électrique |
| Campagne de mesures | 2 à 6 semaines | Les cycles de production, la saisonnalité |
| Analyse et chiffrage | 3 à 4 semaines | Le nombre d’usages à modéliser |
| Restitution | 2 réunions, technique puis direction | Votre disponibilité |
Un site multi-énergies avec des productions saisonnières se situe en haut de ces fourchettes. Un site mono-produit à marche continue se situe en bas.
Si votre échéance réglementaire est proche, ou déjà dépassée, dites-le dès le premier échange. C’est le cadrage qu’on resserre, jamais la campagne de mesures.
Étape 1. Le cadrage
C’est la phase qui détermine la qualité de tout le reste, et c’est celle qu’on bâcle le plus souvent.
On fixe ensemble :
- le périmètre, c’est-à-dire la liste des sites et des entités juridiques couverts par le SIREN assujetti ;
- les vecteurs d’énergie à prendre en compte, tous sans exception : électricité, gaz, fioul, propane, bois, vapeur ou chaleur achetée, et les carburants de la flotte ;
- la couverture visée, sachant que l’audit doit porter sur au moins 80% des consommations du périmètre ;
- l’échéance réglementaire et les contraintes de votre calendrier industriel, notamment les arrêts techniques et les congés.
C’est aussi à cette étape qu’on récupère les données, à commencer par les trois dernières années de factures. Si vous voulez gagner deux semaines sur le planning, c’est ici que ça se joue, et la liste des données à préparer vous dit exactement quoi rassembler.
Étape 2. Le plan de mesurage
Un audit qui se contente des factures ne vaut pas grand-chose. Les factures donnent un total, elles ne disent pas où part l’énergie.
Le plan de mesurage répond à une question simple : quels appareils poser, où, et pendant combien de temps, pour reconstituer la répartition par usage. Il distingue :
- ce qui est déjà compté par votre installation, et qu’il suffit de relever ;
- ce qui doit être instrumenté temporairement ;
- ce qui sera estimé par calcul, faute de point de mesure accessible, avec les hypothèses posées noir sur blanc.
Un bon plan de mesurage est aussi un plan honnête : il annonce ce qui sera mesuré et ce qui sera estimé. Vous devez pouvoir faire la différence en lisant le rapport.
Étape 3. La visite et la campagne de mesures
C’est la partie terrain. Pour un site courant, comptez une à trois journées de présence pour la pose des appareils, le relevé des équipements et les entretiens, puis deux à six semaines d’enregistrement.
Ce qui est posé, selon les cas : enregistreurs de puissance électrique et pinces ampèremétriques sur les départs des armoires, sondes de température et d’humidité, mesures de débit, enregistrement des paramètres de production.
Pendant la pose, l’auditeur a besoin d’un accompagnement pour les accès et les consignations. Ensuite, les appareils enregistrent seuls et votre production n’est pas interrompue. Une seconde visite courte sert à la dépose.
Les entretiens comptent autant que les mesures. Une demi-journée avec le responsable maintenance et le responsable production fait remonter ce qu’aucun capteur ne dira : les équipements qui tournent le week-end sans raison, la machine qu’on ne coupe jamais parce qu’elle est longue à redémarrer, le réglage modifié il y a trois ans et jamais revu.
Étape 4. L’analyse et le bilan des consommations
De retour au bureau, les enregistrements sont dépouillés et recoupés avec les factures. On en tire :
- la répartition des consommations par usage : procédés, utilités (air comprimé, froid, vapeur, pompage), chauffage et éclairage des locaux, transport ;
- les indicateurs de performance énergétique, rapportés à votre activité réelle, par exemple la consommation par tonne produite ou par heure de fonctionnement ;
- l’écart entre le besoin théorique et la consommation réelle, qui est l’endroit où se logent les gisements.
Le bouclage avec les factures est le contrôle qualité de cette étape. Si la somme des usages reconstitués ne retombe pas sur les factures à quelques pour cent près, c’est qu’il manque quelque chose, et il faut le chercher avant d’écrire la suite.
Étape 5. Le plan d’actions chiffré
Chaque action proposée est caractérisée par :
- le gain annuel attendu, en MWh et en euros ;
- l’investissement nécessaire, sous forme de fourchette ;
- le temps de retour sur investissement ;
- les aides mobilisables, en particulier les certificats d’économies d’énergie ;
- le niveau de confiance de l’estimation.
Ce dernier point est rarement affiché par les bureaux d’études et c’est pourtant le plus utile. Une action chiffrée à partir d’une mesure de quatre semaines et une action chiffrée à partir d’un ratio de la littérature technique ne méritent pas la même confiance au moment d’engager un budget. Les deux ont leur place dans un rapport, à condition d’être distinguées.
Les actions sont classées par ordre de priorité, pas par ordre de taille. Les réglages et les arrêts d’équipements inutiles passent avant les investissements lourds, parce qu’ils se décident vite et ne coûtent rien.
Étape 6. La restitution et le dépôt
La restitution se fait en deux temps : d’abord une réunion technique d’une heure avec vos équipes, pour confronter chaque action à la réalité du site, puis la présentation à la direction. Un plan d’actions discuté avec ceux qui le mettront en œuvre a beaucoup plus de chances d’être réalisé qu’un rapport qui descend d’en haut.
Le rapport est ensuite déposé sur la plateforme de l’ADEME dans le délai réglementaire. Ce dépôt fait partie de la mission, il n’est pas à votre charge.
Ce que l’audit mobilise chez vous
C’est la question que personne ne pose et qui détermine pourtant si la mission se passe bien.
| Qui | Quand | Combien de temps |
|---|---|---|
| Le référent énergie ou le directeur de site | Cadrage et restitution | 2 à 3 heures en tout |
| Le service comptable ou achats | Cadrage | 1 à 2 heures pour les factures |
| Le responsable maintenance | Visite et restitution technique | Une demi-journée à une journée, plus 1 heure |
| Le responsable production | Visite et restitution technique | 1 à 2 heures d’entretien, plus 1 heure |
| L’électricien du site | Pose et dépose des appareils | 2 à 3 heures par intervention |
Au total, l’audit coûte à votre organisation de l’ordre de deux journées cumulées, réparties sur plusieurs personnes et plusieurs semaines.
Ce qui fait déraper un planning
Quatre causes expliquent la quasi-totalité des retards, et toutes sont évitables.
Les factures arrivent au compte-gouttes.
Les factures d’un fournisseur sorti du périmètre il y a deux ans sont les plus difficiles à retrouver. Lancez la recherche dès la signature.
Le périmètre bouge en cours de route.
Un site oublié, une filiale rattachée au même SIREN qu’on découvre en cours d’analyse, et il faut reprendre le cadrage.
La campagne de mesures attend la fin d’un arrêt.
Un enregistrement sur une installation à l’arrêt ne mesure rien d’utile : si un arrêt technique ou des congés sont prévus, la pose des appareils est reportée à la reprise. Signalez ces périodes dès le cadrage.
La restitution attend un créneau.
Réservez les dates des deux restitutions, technique puis direction, dès le cadrage, quitte à les décaler ensuite.
Et après l’audit
L’audit n’est pas le point final de l’obligation. Il faut transmettre le rapport, publier un plan d’actions et justifier les mesures que vous choisissez de ne pas réaliser. Ces suites sont détaillées dans la page consacrée au plan d’actions après l’audit.
Et on refait le point dans quatre ans, avec l’audit suivant.
Questions fréquentes
Faut-il arrêter la production pendant l’audit ?
Non. Les appareils de mesure se posent sur des installations en service, et c’est même indispensable : un enregistrement sur une installation à l’arrêt ne mesure rien. Seules la pose et la dépose demandent une intervention courte sur les armoires, en coordination avec votre électricien.
Combien de temps dure la présence sur site ?
Une à trois journées pour un site industriel courant, réparties entre la pose des appareils, le relevé des équipements et les entretiens. Plus une courte visite de dépose.
Peut-on raccourcir la campagne de mesures ?
Techniquement oui, mais c’est la décision qui dégrade le plus la qualité du chiffrage. Une campagne courte ne voit pas la variabilité de votre production et conduit à des gains surestimés. Si l’échéance presse, il vaut mieux resserrer le cadrage et l’analyse.
Et si mon entreprise a plusieurs sites ?
L’obligation porte sur le SIREN, pas sur chaque site. On construit un échantillon représentatif qui couvre au moins 80% des consommations, ce qui évite d’auditer intégralement chaque implantation. La règle d’échantillonnage est fixée par la norme NF EN 16247.
Qui est sur le terrain ?
Chez Exit Énergie, c’est l’ingénieur qui a cadré la mission qui vient poser les appareils et qui présente le rapport. Pas un technicien de passage, pas un sous-traitant.
Parlons de votre audit
Mathieu Fayret vous répond sous 24 heures.

