Décarbonation

Remplacer une chaudière gaz, un four, une étuve ou un autre équipement par une solution électrique est aujourd’hui l’un des leviers de décarbonation. L’aide à l’investissement de l’ADEME est conditionnée à la réalisation d’une étude de faisabilité.

Exit Énergie est un bureau d’études indépendant, qualifié OPQIBI 1717. Nous étudions régulièrement l’électrification dans le cadre de nos audits énergétiques et de nos études d’opportunité sur le mix énergétique : chaudières vapeur électriques, étuves, fours hybrides ou 100% électriques.

Technologies

Électrifier : pour quels usages, avec quelles technologies

UsageSolutions électriquesCe que l’étude doit vérifier
Vapeur, eau surchaufféeChaudière électrique à électrodes, à jets ou à thermoplongeurs ; pompe à chaleur haute température si une source de chaleur est disponiblePuissance appelée, régime de fonctionnement, maintien en température
Eau chaude de process, lavage, nettoyage en placePompe à chaleur sur rejets ou sur air ; résistancesNiveau de température, simultanéité entre besoin et source
Séchage, étuvage, cuisson à basse températureRésistance, rayonnement infrarouge ou UV, haute fréquence, micro-ondes, pompe à chaleur de déshumidification, compression mécanique de vapeurQualité du produit, temps de cycle
FoursInduction, résistance (surtout sous 1000°C), conduction, arcPuissance, adaptation du procédé et des cadences
Concentration, distillationCompression mécanique de vapeur, membranes, résistanceBilan matière, qualité du produit

L’électrification n’est pas toujours la bonne réponse

Avant de la retenir, trois questions se posent :

Le besoin peut-il d’abord être réduit ?

Régulation, isolation, récupération de chaleur sur le procédé lui-même.

Une autre solution bas carbone est-elle moins chère ?

Une chaleur fatale disponible sur le site, une pompe à chaleur sur rejets, le solaire thermique ou la géothermie.

Le site dispose-t-il de la puissance électrique nécessaire ?

Et sinon, à quel coût et dans quel délai le raccordement peut-il être renforcé ?

Les financeurs posent les mêmes questions. Decarb Flash demande ainsi de démontrer, solutions comparées à l’appui, que l’électrification est plus pertinente que la chaleur fatale, la géothermie ou le solaire.

Démarche

Le parcours, de l’idée à l’aide

  1. Une étude amont

    Un audit énergétique de moins de quatre ans, l’audit réglementaire compris, ou une étude d’opportunité sur le mix énergétique. C’est elle qui identifie la solution à étudier.

  2. La demande d’aide pour l’étude

    Déposée avant toute commande.

  3. L’étude de faisabilité

    De la solution retenue.

  4. Le dossier d’aide à l’investissement

    Précédé d’une réunion avec l’ADEME.

  5. L’investissement

    La mise en service et le suivi des performances.

Contenu

Ce que contient une étude de faisabilité conforme

Le cahier des charges de l’ADEME fixe le contenu attendu. En pratique, l’étude comprend :

Un état des lieux

Des équipements, des consignes et de la régulation, avec les relevés de consommation et de production, complété si nécessaire par une campagne de mesures.

Un bilan énergétique

Sur une période représentative, qui distingue combustibles et électricité, et qui intègre les consommations induites par le projet : pompes, rehausse de température, appoint, maintien en température d’un stockage.

Une solution de référence chiffrée

C’est-à-dire ce que le site installerait sans le projet, par exemple une chaudière gaz neuve. C’est à partir de l’écart entre les deux que l’aide à l’investissement est calculée.

La puissance électrique et le raccordement

Puissance appelée, capacité du poste de livraison, travaux de renforcement et leur coût.

Un bilan économique

Investissements détaillés par poste, coûts d’exploitation, temps de retour avec et sans aides, certificats d’économies d’énergie.

Un bilan des émissions de gaz à effet de serre

Calculé avec les facteurs de la Base Empreinte de l’ADEME.

Les conditions d’exploitation

Régulation, maintenance, plan de comptage pour suivre les performances après la mise en service.

Le montage financier

Aides mobilisables, certificats d’économies d’énergie, prêts verts ou tiers investissement.

Achat d’énergie

Électricité : penser l’achat en même temps que l’équipement

Une fois le procédé électrifié, l’électricité devient le premier poste énergétique du site. La rentabilité du projet dépend alors autant du prix payé que de l’équipement choisi, et l’étude doit traiter les deux.

Le photovoltaïque en autoconsommation

Une centrale en toiture ou en ombrière produit en journée, au moment où tournent la plupart des procédés. Le surplus vendu au réseau est désormais peu rémunéré, ce qui impose de dimensionner l’installation sur la consommation réelle du site.

Le contrat de fourniture

Les heures où l’électricité est très bon marché, voire à prix négatif, sont de plus en plus nombreuses : 513 heures à prix négatif en France en 2025, contre 352 en 2024. Un contrat en partie indexé sur le prix de marché permet d’en profiter, à condition que le procédé puisse décaler une partie de sa consommation.

La flexibilité du procédé

Un stockage thermique (ballon d’eau chaude), des cycles d’étuvage ou de cuisson décalés, un équipement existant conservé en secours : autant de moyens de consommer quand l’électricité est la moins chère.

Depuis la fin de l’ARENH au 31 décembre 2025, l’électricité est achetée au prix de marché pour l’essentiel. Le couple équipement, contrat et pilotage est donc à étudier ensemble, dès la faisabilité.

Financement

Financer l’étude, puis l’investissement

L’étude de faisabilité

Elle peut être aidée par l’ADEME, jusqu’à 80% pour une petite entreprise, sur des dépenses plafonnées à 100 000 €. Conditions principales :

  • l’étude ne doit être ni commencée ni commandée avant le dépôt de la demande d’aide ;
  • la solution étudiée doit avoir été identifiée par une étude amont ;
  • le bureau d’études doit être qualifié OPQIBI 1717 ou équivalent, et déclarer tout lien d’intérêt avec un fournisseur d’équipements ;
  • les solutions comportant une part d’énergie fossile, même en appoint, sont en principe exclues. Certains cas peuvent être examinés à d’autres conditions : à confirmer avec l’ADEME.

Decarb Flash

Conditions en vigueur en octobre 2026

L’investissement relève aujourd’hui principalement de l’appel à projets Decarb Flash, complété par les certificats d’économies d’énergie.

  • Appel à projets France 2030 opéré par l’ADEME, avec des dépôts par relèves successives. L’ADEME peut clore une relève avant son terme si l’enveloppe est consommée.
  • Investissement de 100 000 € à 3 M€ par site, sur un procédé existant, sans augmentation de capacité.
  • Taux d’aide maximum pour l’électrification : 40% pour une grande entreprise, 50% pour une moyenne, 60% pour une petite, majorés de 5 points en zone d’aide à finalité régionale.
  • L’aide porte sur le surcoût par rapport à la solution de référence. Sans solution de référence crédible, le taux est divisé par deux.
  • Le temps de retour après aides et certificats d’économies d’énergie doit rester supérieur à 36 mois.
  • Équipement 100% électrique. L’équipement fossile remplacé est démantelé, sauf maintien en parallèle si l’électrique couvre au moins 50% du besoin annuel.
  • Pièces exigées : une étude amont de moins de quatre ans et une étude de faisabilité terminée de moins de deux ans. Réunion avec l’ADEME au moins deux semaines avant le dépôt, travaux non commencés.
À éviter

Les erreurs qui réduisent ou font perdre l’aide

Commander l’étude avant la demande d’aide.

Elle n’est alors plus finançable.

Partir sans étude amont.

Sans audit ni étude d’opportunité, il faut d’abord la réaliser.

Ne pas chiffrer de solution de référence.

Le taux d’aide à l’investissement est divisé par deux.

Oublier le raccordement.

Son coût n’est pas aidé et peut, à lui seul, dégrader le temps de retour.

Ne pas comparer aux autres solutions bas carbone.

La démonstration est exigée par le financeur.

Viser une solution hybride.

Elle est exclue de Decarb Flash.

Ignorer l’achat d’électricité.

Un projet techniquement juste peut être non rentable avec un mauvais contrat.

Exit Énergie

Pourquoi un bureau d’études indépendant

Aucun lien avec un fabricant ou un fournisseur d’énergie.

Les financeurs exigent l’impartialité de celui qui réalise l’étude, et la comparaison des solutions n’a de valeur que si elle est faite sans parti pris.

La comparaison avec la chaleur fatale et les énergies renouvelables est notre métier.

Exit Énergie réalise des études de faisabilité chaleur fatale et des études de mix énergétique, et est référencé pour celles du programme PACTE Industrie.

Un seul interlocuteur, de l’audit au dossier d’aide.

L’ingénieur qui a identifié la solution est celui qui l’étudie et qui prépare les éléments du dossier.

FAQ

Questions fréquentes

Une étude de faisabilité est-elle obligatoire pour obtenir une aide à l’électrification ?

Pour Decarb Flash, oui : elle doit être terminée avant le dépôt et dater de moins de deux ans. C’est aussi elle qui fournit la solution de référence et le temps de retour sur lesquels l’aide est calculée.

Mon audit énergétique réglementaire peut-il servir d’étude amont ?

Oui, s’il a moins de quatre ans et qu’il a identifié la solution à étudier. Sinon, une étude d’opportunité sur le mix énergétique est nécessaire.

Combien de temps dure l’étude ?

Cela dépend du nombre d’équipements et de la nécessité d’une campagne de mesures. Le cahier des charges de l’ADEME prend l’exemple d’une étude de quatre à cinq mois.

Peut-on garder la chaudière gaz en secours ?

Dans Decarb Flash, l’équipement fossile remplacé doit en principe être démantelé. Un maintien en parallèle est admis si l’équipement électrique couvre au moins 50% du besoin annuel, avec un suivi sur plusieurs années.

Le raccordement électrique est-il financé ?

Non, pas le raccordement au réseau public. Les équipements et le réseau électrique internes au site peuvent l’être.

Faut-il être soumis à l’audit énergétique obligatoire ?

Non. L’étude de faisabilité et Decarb Flash sont ouverts aux PME, ETI et grandes entreprises industrielles, qu’elles soient soumises ou non à l’audit obligatoire.

Un projet d’électrification ?

Mathieu Fayret vous répond sous 24 heures.